Projet 2 / 5

Barcoding moléculaire

Constituer une bibliothèque de séquences ADN de référence pour les papillons de France

Programme

SEQREF

Pilotage scientifique

ISYEB (MNHN)

Cible prioritaire

Macrohétérocères

Coordination

2 bénévoles + salariée

Omia cymbalariae (Hübner, 1809) ?, Noctuidae, Hautes-Alpes — détermination à confirmer, cas typique où le barcoding apporte une réponse
Omia cymbalariae (Hübner, 1809) ? — Hautes-Alpes © D. Morel

Identifier une espèce à partir d'un fragment d'ADN, retrouver une espèce dans un échantillon de pollen ou dans un piège à ADN environnemental, détecter des espèces cryptiques que la morphologie ne permet pas de distinguer : ces usages, encore récents, deviennent centraux pour le suivi de la biodiversité.

Tous reposent sur une condition préalable : disposer d'une bibliothèque de séquences de référence fiable et complète. C'est l'objet du projet SEQREF, qu'oreina conduit en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle.

Documents à télécharger

Pour comprendre, pour participer

Trois documents pour découvrir le projet, comprendre votre rôle et participer concrètement.

Le barcoding

C'est quoi ? Pourquoi c'est important ? Notre rôle ? Le fascicule pédagogique pour découvrir le projet.

PDF · Fascicule
Télécharger

Protocole simple

Comment participer au programme barcoding en 7 étapes simples. Idéal pour démarrer.

PDF · Protocole 7 étapes
Télécharger

Protocole détaillé

Tous les détails de votre rôle dans le programme : préparation, conservation, étiquetage, envoi.

PDF · Manuel complet
Télécharger
Pour comprendre

Le barcoding, c'est quoi ?

Le barcoding moléculaire, ou « code-barres ADN », est une technique scientifique qui permet d'identifier un organisme à partir d'une courte séquence d'ADN, appelée marqueur. Le principe est simple : à chaque espèce correspond, dans son génome, des régions dont la séquence est suffisamment stable au sein de l'espèce et suffisamment différente entre espèces pour servir de signature génétique. Comme un code-barres en supermarché, mais pour les êtres vivants.

Pour les Lépidoptères, le marqueur principal est le gène mitochondrial CO1 (cytochrome oxydase, sous-unité 1). Ce gène est devenu le standard international pour le barcoding animal : il est suffisamment variable pour discriminer la majorité des espèces, et son séquençage est aujourd'hui rapide et économique. Pour certains groupes complexes (espèces d'apparition récente, hybrides, lignées en cours de spéciation), CO1 ne suffit pas et il devient nécessaire d'associer des marqueurs nucléaires complémentaires.

Pour qu'un barcoding soit utile, il faut comparer la séquence obtenue à une base de données de référence dans laquelle figurent des séquences attribuées à des espèces correctement identifiées et géoréférencées. C'est cette base de référence qu'il s'agit de construire et de compléter.

L'enjeu

Pourquoi c'est important

Au-delà de l'identification individuelle, une bibliothèque de séquences de référence robuste ouvre plusieurs usages structurants pour la connaissance et le suivi de la biodiversité.

Elle permet le suivi par ADN environnemental (eDNA), méthode en plein essor qui consiste à détecter la présence d'espèces à partir de traces d'ADN laissées dans le milieu : eau, sol, ou même nectar et pollen pour les pollinisateurs. C'est précisément ce qu'expérimente le réseau thématique CNRS Pollinéco sur les insectes floricoles. Sans bibliothèque de référence complète, ces analyses produisent des résultats partiels ou erronés.

Elle alimente aussi la taxonomie elle-même. La confrontation de spécimens issus de toute l'aire de répartition d'une espèce révèle souvent des lignées phylogénétiques distinctes, parfois associées à des caractéristiques biogéographiques particulières. L'analyse des distances génétiques entre ces lignées peut conduire à la description de nouvelles espèces, ou à la confirmation de séparations longtemps suspectées sur des bases morphologiques.

À l'échelle européenne enfin, des modules génétiques complémentaires sont envisagés pour le dispositif EU-PoMS (European Pollinator Monitoring Scheme), pour lequel oreina est désignée structure de référence pour les Lépidoptères nocturnes. La couverture moléculaire bâtie par SEQREF anticipe ces besoins.

Le rôle d'oreina

Un partenariat avec le MNHN, un réseau national de collecte

oreina s'est associée dès 2024 à PatriNat pour contribuer à la complétion d'un référentiel de séquences moléculaires pour les Lépidoptères de France métropolitaine. Le projet est piloté scientifiquement par l'Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (ISYEB, UMR 7205 CNRS/MNHN), et plus précisément par l'équipe de Rodolphe Rougerie, dans le cadre de l'infrastructure internationale BOLD (Barcode of Life Data System).

Le rôle d'oreina dans ce dispositif est double :

  • une expertise d'identification et de priorisation. Sur les 5 615 espèces de Lépidoptères recensées en France métropolitaine, l'équipe d'oreina a expertisé chaque taxon au regard des données déjà disponibles dans BOLD, de la variabilité génétique connue, des cas d'hybridation, et de la présence de localités-types en France. Cette analyse a permis de classer les espèces selon leur priorité de récolte, et d'orienter les efforts de collecte vers ce qui manque réellement à la base ;
  • l'animation d'un réseau national de collecte. La collecte des spécimens repose sur les adhérents d'oreina et sur un réseau de référents régionaux et de contributeurs ponctuels, qui prélèvent les espèces prioritaires dans leur région, les préparent selon le protocole, et les transmettent au MNHN pour séquençage.

Le projet est piloté au sein de l'association par deux bénévoles experts et la coordinatrice scientifique salariée, qui assure la liaison opérationnelle avec le MNHN et l'animation du réseau.

Chiffres-clés

SEQREF en chiffres

État de la couverture moléculaire des Lépidoptères de France et objectifs à l'horizon 2028.

5 615

espèces de Lépidoptères recensées en France métropolitaine

3 620

espèces classées comme prioritaires pour la collecte

594

taxons d'importance moyenne pour la complétion de la base

17

référents régionaux pour organiser la collecte dans les territoires

1 000

spécimens à transmettre au MNHN par an : c'est l'objectif

~70 %

de couverture cible des espèces françaises à l'horizon 2028

Sources : documents projet SEQREF et bilan d'activité 2024 d'oreina.

Méthodologie

Cinq axes de travail interdépendants

Le projet SEQREF s'organise autour de cinq axes complémentaires, qui structurent l'effort collectif d'oreina et de ses partenaires.

Suivi dynamique des priorités

Maintien à jour de la liste des espèces prioritaires, en fonction des séquences déjà obtenues, des publications scientifiques nouvelles et des évolutions taxonomiques.

Complétude de la banque de séquences

Acquisition progressive de séquences pour les espèces prioritaires, en couvrant l'aire de répartition française pour identifier les éventuelles lignées intra-spécifiques.

Séquençage génomique

Pris en charge par l'équipe ISYEB du MNHN. Marqueur principal CO1, avec marqueurs nucléaires complémentaires pour les espèces complexes.

Animation du réseau

Coordination des référents régionaux, accompagnement des contributeurs, organisation de webinaires et de sessions de formation, valorisation des contributeurs dans les publications.

Intégration des données

Articulation entre SEQREF et les autres référentiels d'oreina, notamment TAXREF (les changements taxonomiques détectés par barcoding alimentent la mise à jour du référentiel).

Concrètement

Participer en quatre étapes

Toute la chaîne de contribution s'organise sur la plateforme Artemisiae, qui centralise les priorités d'espèces, l'enregistrement des dons de spécimens et le suivi des envois vers le MNHN.

1

Priorisez

Consultez la liste des espèces recherchées sur Artemisiae, ou l'onglet « Barcoding » sur chaque fiche espèce.

2

Récoltez

Récoltez des spécimens dans vos collections existantes, ou lors de nouvelles collectes, dans le respect de la réglementation en vigueur.

3

Signalez

Enregistrez votre observation et signalez-la comme un don pour le projet barcoding sur Artemisiae. Un numéro d'identification unique vous est attribué.

4

Préparez

Étalage classique, détermination certaine (genitalia si nécessaire), étiquetage avec date, lieu et coordonnées géographiques. Envoi groupé au MNHN.

Contribuer

Vous pouvez contribuer

SEQREF est un projet collectif, ouvert à tous : adhérents et non-adhérents, lépidoptéristes confirmés ou naturalistes motivés. Plus le réseau est large, plus la couverture géographique est complète.

Devenir collecteur

Vous êtes lépidoptériste actif sur le terrain ? Consultez la liste des espèces prioritaires sur Artemisiae, prélevez selon le protocole et transmettez vos spécimens au MNHN. Chaque spécimen compte.

Devenir référent régional

Si vous souhaitez animer la collecte dans votre région, coordonner les contributeurs locaux et faire le lien avec l'équipe nationale, contactez-nous. La formation et l'appui sont assurés par la coordinatrice scientifique.

Vous représentez une association ou une structure de gestion ?

Le projet SEQREF est ouvert aux partenariats avec les associations naturalistes régionales et les gestionnaires d'espaces naturels. Une contribution territoriale ciblée peut renforcer significativement la couverture sur des secteurs sous-échantillonnés.

Rejoindre le projet

Participer à SEQREF

Que vous soyez collecteur de terrain, référent régional ou structure partenaire, votre contribution renforce la couverture moléculaire des Lépidoptères de France. Contactez-nous pour démarrer.

Découvrir les autres projets

SEQREF est l'un des cinq projets scientifiques que conduit oreina pour la connaissance des Lépidoptères de France. Les quatre autres lui sont étroitement articulés.